La situation linguistique en Afrique du Nord (cas du Maroc et de l’Algérie)

Tout d’abord, j’aimerai préciser que le présent exposé sera bref et de ce fait, ne pourra rendre compte des multiples aspects de la situation linguistique en Afrique du Nord* que partiellement. Ceci dit, nous sommes d’avis que ce thème est très sensible et reste d’actualité dans tous les pays de la région, avec toutefois des différences entre chacun d’eux.

Notre attention sera focalisée essentiellement sur le Maroc et l’Algérie qui constituent, à notre sens – et au-delà de leur poids démographique et économique dans la région – les deux pays où ces problèmes se posent avec la plus grande acuité. Par ailleurs, je m’excuse si certains aspects du problème paraissent négligés ou superficiellement évoqués car, ce qui est important est l’échange d’idées constructives et le déclenchement de débats fructueux, loin des préjugés établis et des idées reçues. En second lieu, je voudrais signaler que du fait d’un certain nombre de facteurs que j’évoquerai ultérieurement, une attention particulière sera accordée à la langue et à la culture amazighes qui, non sans raison, sont au centre de tous les débats culturels et politiques aussi bien au Maghreb qu’en diaspora.

Le problème qui nous préoccupe le plus ici est relatif à la position tenue par chacune des langues utilisées en Afrique du Nord :

  • Y a-t-il vraiment des langues dominantes et d’autres dominées ?
  • Comment s’opère l’hétérogéneité de la situation linguistique qui caractérise cette région – comme d’ailleurs beaucoup d’autres formations sociales périphériques, du fait de leur dépendance économique et culturelle d’une part, et de leur complexité ethnique, sociale, culturelle et linguistique – et constitue l’illustration parfaite de communautés où le contact des langues est une situation normale et banale (BOUKOUS, 1990) ?

En effet, outre l’hétérogéneité intrinsèque qui les caractérise, ces formations sont généralement investies par les produits matériels et symboliques imposés par l’échange avec les formations centrales : parmi ces produits, la langue occupe une position privilégiée car elle représente le canal à travers lequel les autres produits sont véhiculés.

Notre souci consiste à présenter la configuration générale du marché linguistique au sein duquel s’effectue le contact entre les langues nationales et étrangères présentes dans une communauté périphérique spécifique, à savoir le Maghreb. Cela est susceptible de déterminer les relations de dominance entre les langues en présence. En effet, dans un système basé sur la compétition, les langues et les cultures existantes établissent entre elles, explicitement ou implicitement, des relations conflictuelles dont l’ampleur varie en fonction de la position de leurs producteurs-cosommateurs dans le rapport de force. Parmi ces langues, le tamazight constitue l’exemple significatif de ces rapports de domination.

1- Position du tamazight en Afrique du Nord

Rappelons tout d’abord que l’amazighophonie (berbérophohie) concerne à l’heure actuelle non seulement le Maroc et l’Algérie, mais une bonne dizaine de pays couvrant le Maghreb, le Sahara et le Sahel. Toutefois, les deux premiers sont, de loin, les deux pays qui comptent les populations amazighophones les plus importantes et ceux où la « question amazighe » se pose avec le plus d’acuité. 

Par ailleurs, il serait hasardeux d’avancer des chiffres quant à l’importance démographique des populations amazighophones car il n’existe pas de recensement linguistique ; ajoutons à cela que l’importance démographique des amazighophones constitue, en soi, un enjeu politique majeur et fait l’objet de vives controverses dans ces pays. Selon des chiffres récents, la proportion des amazighophones – et je précise bien amazighophones et non pas amazighs car beaucoup de ces derniers se sont arabisés et ne peuvent de ce fait être considérés comme tels – s’évalue à 40 % de la population au Maroc, soit plus de 10 millions d’habitants et à 20 % en Algérie, soit 5 millions (chiffres de 1986). Pourtant, ces chiffres ne sont que des valeurs minimales et les pourcentages sont en réalité beaucoup plus élevés.

Géographiquement, les imazighen (je préfère utiliser ce terme car les concernés eux-mêmes ignorent le terme ‘berbère’ d’origine latine et à connotation ethnocentriste) sont éparpillés dans un espace géographique assez vaste, de l’Ouest à l’Est des îles Canaries à la mer rouge et du Nord au Sud, des rivages de la Méditerranée aux confins du Sahel.

Pour les deux pays qui nous concernent ici, on dénote l’existence de trois grands groupes dans chacun d’eux :

  • Au Maroc, on trouve au Nord le Rif (dialecte dit tarifit) ; au centre, le Moyen Atlas et une partie du Haut Atlas (dialecte tamazight*dit aussi beraber) ; au Sud et au Sud-Ouest (Souss, Anti-Atlas et Haut-Atlas), le dialecte tachelhit.
  • En Algérie, on y distingue le groupe Kabyle qui compte à lui seul plus de 2/3 des amazighophones de ce pays ; les Chaouias de l’Aurès (environ 1 million) et les Touaregs, en plus d’autres petits groupes (Gourara, Mzab, Chenoua, Sud-Oranais, …) (cf. CHAKER, 1989).

Ce schéma est bien entendu classique dans la mesure où il ne tient pas compte des mouvements de migration et d’exode rural qui ont affecté tout le Maghreb : a titre d’exemple, Alger est peuplée d’un grand nombre de kabyles comme Casablanca l’est des chleuhs. Si nous utilisons de préférence le terme « amazighophones », c’est qu’à l’heure actuelle le critère le plus évident, le plus indiscutable d’identification des populations amazigh est bien la langue, non pas parce que d’autres paramètres culturels n’existent pas (une tradition orale, un patrimoine culturel, …), mais simplement en raison de leur importance moins nette. Ces Imazighen ne sont actuellement minoritaires que parce que le Maghreb a assisté depuis le viiième siècle à un lent processus d’arabisation linguistique et nous pouvons avancer sans risque d’erreur que le fond de la population maghrebine est d’origine amazigh et que la plupart des arabophones actuels ne sont en réalité que des « berbères arabisés » depuis des dates plus ou moins reculées (les exemples abondent dans tout le Maghreb). Donc, historiquement et anthropologiquement, tous les maghrébins sont des imazighen. Cependant, et comme on va le voir par la suite, la conscience d’être amazigh ne concerne désormais qu’une partie de la population ; les autres se définissent comme arabes car ils sont culturellement et linguistiquement ainsi.

Ceci nous amène à nous interroger sur les facteurs de conservation de cette langue en dépit de la conquête arabe, de l’islamisation et de l’intégration ancienne dans le contexte arabo-musulman ?

Ces causes sont multiples et chaque région semble constituer un cas spécifique. Cependant, la géographie (isolement en mantagnes), la démographie (régions à peuplement dense et à occupation humaine ancienne), le système de production (régions à tradition paysanne sédentaire et dont l’appropriation individuelle des moyens de production est ancienne), sans oublier la structure socio-politique basée sur la segmentarité qui constitue un moyen puissant de défense contre l’étranger, ainsi que les rapports conflictuels entre les divers pouvoirs politiques et les populations amazigh, …etc.

2- Situation actuelle des politiques linguistiques en Afrique du Nord

Concurrencée depuis des siècles par l’arabe, la langue tamazight connaît d’importantes variations dans sa situation suivant les pays et les régions. En dehors de la distinction nette entre les grands blocs amazighophones (Kabylie, Aurès, Rif, Moyen Atlas, domaine Chleuh) où l’usage du tamazight est prédominant et les petits îlots (Mzab, Gourara, …), un second grand clivage doit être établi entre le Maghreb et les pays du Sahel où les contextes historiques, institutionnels et idéologiques sont profondément variables. C’est sur cet aspect que nous concentrons l’analyse, à savoir la politique linguistique et culturelle des Etats maghrébins (à travers les exemples algérien et marocain), mises en œuvre depuis l’indépendance politique.

Constitutionnellement, les Etats maghrébins se définissent comme arabes et musulmans. Ceci dit, la politique linguistique prônée depuis les indépendances politiques est celle de l’arabisation. Le tamazight sera donc relégué au dernier rang et n’aura de ce fait aucune place, ni dans le discours, ni dans la pratique institutionnelle. La diversité linguistique est considérée comme un danger pour la nation, pour l’unité nationale et arabe. La solution serait donc – selon le discours officiel implicite ou explicite et même des partis dits de gauche – l’unification linguistique pour réaliser et construire l’Etat-nation.

En fait, cela n’est que la concrétisation politique des options idéologiques profondes (et très homogènes sur ce plan) de ce qui est appelé mouvement national. L’identité nationale et les projets d’Etats-nations se définissent donc dès le départ comme arabo-islamiques. Le modèle de base étant, bien entendu, celui de la cité islamique homogène ainsi que celui de l’Etat-nation français, linguistiquement et culturellement centralisé. Cependant, ce schéma est très simplifié et des différences s’observent entre le Maroc et l’Algérie. Dans ce dernier pays, du fait de facteurs spécifiques, le rejet de la dimension amazighe est beaucoup plus explicite et violent car l’arabisme de l’Etat algérien est plus militant que celui du Maroc (influence du nassérisme et du baâthisme). Ainsi, c’est un climat de rejet complet et d’intolérance absolue qui s’est mis en place et même la recherche scientifique ne sera pas épargnée ; tandis qu’au Maroc, on laisse faire tant que l’activité « berbérisante » ne sort pas des cadres académiques et associatifs.

Ces différences sont dues plutôt à la position disparate occupée par la question de culture et d’identité dans la structuration de l’Etat-nation marocain et les enjeux politico-idéologiques propres à ce pays. Le Maroc dispose en fait d’une forme de légitimité inconnue en Algérie : la légitimité monarchique qui se définit comme transcendante et établissant un lien direct et personnel entre chaque marocain et l’Etat qui n’est autre que le Roi (commandeur des croyants, etc) et cela relativise un peu le rôle de l’arabisme et de l’islam dans la définition de l’identité nationale marocaine. Ainsi, le tabou suprême est incarné dans notre pays par la légitimité monarchique tandis qu’en Algérie, c’est l’arabo-islamisme, voire même le F.L.N. et c’est normal que la réaction et l’affirmation amazighes soient plus fortes dans ce pays. Mais, nous n’entendons nullement affirmer par là qu’au Maroc, celle-ci n’a pas d’importance car et comme le dit fort justement CHAKER (1989), la mémoire amazighe est « encore porteuse d’autres alternatives et peut très bien porter des remises en cause profondes ».

Dans les constitutions des deux pays (Maroc : 1961 et révisée en 1996 et Algérie : révisée en 1989), le tamazight est tout simplement ignoré et la langue officielle et nationale est l’arabe. Mais, il convient de s’interroger sur la consécration de cette langue, la position de la langue française et, bien entendu, celle du tamazight ?

Comme le dit BOUKOUS : « la consécration d’un idiome en tant que langue officielle et son renforcement par l’école jouent un rôle décisif dans son imposition comme code dominant, c’est à dire comme support du pouvoir symbolique ». Au Maroc, l’ensemble des transformations qu’a connu la société (pacification, soumission des tribus, libre circulation des hommes et des biens), mais surtout l’adoption – depuis la constitution de 1961 – de l’arabe classique comme langue officielle ont fait du pays une nation centralisée. Ainsi, cette langue acquiert une légitimité et par là même le statut juridique de langue officielle, reléguant implicitement les autres idiomes nationaux au rang de dialectes qui, en soi, peut signifier aussi bien les différentes variétés régionales de la langue officielle que les dialectes amazigh, tombés ainsi en situation de désuétude.

Il faut aussi distinguer entre l’arabe classique et l’arabe marocain même si elles s’apparentent génétiquement. La première représente une langue d’élite, de prestige sacralisée par le Coran et par des siècles de tradition écrite (littéraire) ; ces deux facteurs lui ont assuré une forte normalisation. Au contraire, l’arabe marocain dans lequel on distingue plusieurs variantes, à savoir :

  • le parler citadin (mdini), employé dans les vielles cités occupées par l’establishment andalou après la reconquista (Fès, Rabat, etc) ;
  • le parler montagnard (jebli), utilisé par les populations du Rif Occidental qui ne se sont arabisées qu’au contact avec les réfugiés andalous (xvème siècle) ;
  • le parler campagnard (‘rubi), en usage dans les tribus Bni Maâqil et Bni Hilal des plaines et villes atlantiques et intérieures ; et
  • le parler hassani (‘ribi), utilisé dans les communautés sahariennes.

Ainsi donc, l’arabe marocain (et algérien aussi) représente, selon les termes de l’auteur précité, la variété populaire non standardisée, utilisée dans des contextes non formels. Historiquement, c’est un adstrat résultant du contact des tribus arabes immigrées du vii au viiièmes siècles avec le tamazight. L’arabe classique, quant à lui, est employé sous sa forme « classique » comme langue liturgique et sous sa forme « moderne » comme langue officielle des institutions politiques, administratives et culturelles. Il importe de signaler aussi qu’une variante intermédiaire, dite arabe médian et dont les structures sont hybrides (phonologie, morphologie et syntaxe sont empruntées à l’arabe citadin et lexique à l’arabe standard) est en train de se forger. D’autre part, il faut préciser que dès le départ, il y a une volonté de distinguer entre la langue officielle ou la culture savante qu’elle véhicule, d’ailleurs la seule reconnue et entretenue par les appareils politico-idéologiques, et d’autre part, les variétés non officialisées, qualifiées de « dialectes » et de ce fait, symbole de culture vulgaire, voire de folklore, comme cela apparaît nettement au Maroc.

Par ailleurs, l’importance de l’école en tant qu’institution et lieu privilégié d’appropriation du capital symbolique, n’est pas à négliger. En effet, aussi bien au Maroc qu’en Algérie, deux idiomes servent de langues d’enseignement, à savoir l’arabe classique et le français. Même si la première est présentée comme étant la langue officielle et donc de base, une complémentarité s’établit entre les deux : la première sert à la transmission de l’héritage atrabo-islamique (études littéraires et religieuses) et la seconde véhicule le savoir « moderne », ce qui engendre une situation de déformation schizoïde, d’un bilinguisme sauvage et d’un enseignement incohérent.

Ainsi, comme l’affirme BOUKOUS, « pour tous ceux dont l’autorité pour s’exprimer est reconnue, la solution évidente et naturelle réside dans l’arabisation ». Mais, ce concept reste problématique. En effet, l’arabisation est le fait d’une volonté de mobilisation des masses, présentée euphoriquement comme l’aspect culturel de l’indépendance, de l’identité, de l’unité, etc. Cela sert plus de discours politicien que d’une volonté bien structurée car malgré trois décennies d’indépendance politique et donc de l’instauration de l’arabisation dans les deux pays, cet objectif reste toujours d’actualité, révélant ainsi le clivage profond entre la théorie / discours et la réalité concrète. Nous n’allons pas nous attarder sur les contradictions dans lesquelles sont tombés les défenseurs de ladite arabisation. A titre d’exemple, toutes les administrations marocaines, à l’exception des Ministères de la Justice et des Affaires Islamiques, sont effectivement francophones et la langue française paraît être la clé de la promotion dans ladite administration, voire dans toute la société. Ajoutons à cela la situation hétéroclite du système marocain d’enseignement (enseignement arabophone monolingue, bilingue, missions française et espagnole, etc), ce qui veut tout simplement dire, selon le même auteur, que le maintien du français peut être interprété comme un indice d’une résistance psycho-sociologique fondée sur la conviction intime mais inavouée, de l’incapacité de l’arabe à véhiculer un savoir scientifique et technique.

Notons que paradoxalement, ceux qui portent haut et fort le slogan « arabisation » continuent d’envoyer leurs fils étudier à l’étranger, et de préférence évidemment, à l’ancienne métropole, tandis qu’ils préconisent l’arabisation dans leurs discours démagogiques : les paradigmes ne manquent pas aussi bien en Algérie qu’au Maroc. L’arabisation ne serait, en fin de compte, qu’un slogan de diversion et une sorte de manœuvre dilatoire qui viseraient à endiguer le flot des assoiffés de savoir et de pouvoir, issus de la classe dite moyenne, de la petite bourgeoisie et des masses populaires pour les orienter vers un enseignement producteur de cadres intermédiaires, destinés à constituer une couche-tampon sécurisante : c’est là, à notre sens, l’objectif non déclaré des pouvoirs en place dans tout le Maghreb. 

Cependant, personne ne peut ignorer que la culture marocaine (et algérienne) n’est pas ce qu’on nous a appris tous (littérature d’avant l’islam dite ‘adab jahili’, poésie abbasside et andalouse, sciences religieuses, etc) qui fait d’ailleurs partie de l’ensemble de l’héritage culturel arabo-islamique et n’est pas une spécificité maghrébine. Il importe donc de ne pas perdre de vue l’existence d’œuvres de qualité écrites en arabe moderne, mais non connues pour des raisons connues. Le plus important, c’est l’existence d’une culture populaire précieuse et très riche exprimée en tamazight : l’expérience kabyle analysée par CHAKER est très significative, sans oublier les efforts de ceux qui travaillent dans le champ culturel au Maroc, aussi bien en tamazight qu’en arabe dialectal (théatre, cinéma, …). Ainsi donc, le rejet d’une composante essentielle de l’identité culturelle nationale en Afrique du Nord ne peut qu’aggraver les problèmes de cette région du monde confrontée, comme d’ailleurs tous les pays du Sud, à la problématique de développement. Sans une réflexion objective et approfondie de tous les acteurs présents sur la scène culturelle, mais surtout politique, continuerons-nous longtemps à occulter, ignorer, voire même combattre* une cause juste et légitime ?

Comme l’avance BOUKOUS : « toute tentative de hiérarchisation linguistique et culturelle – quels que soient les arguments sur lesquels elle se fonde – ne peut que rationaliser l’ethnocentrisme et la domination symbolique. Faudrait-il continuer à prendre au sérieux ceux qui agitent encore le spectre du ‘dahir berbère’, contre lequel les imazighen ont été les premiers à se soulever (la gauche marocaine, les autorités et les partis politiques algériens, etc). Cette agitation aurait peut-être pour finalité d’exorciser les démons du ‘néo-colonialisme’, de ‘l’impérialisme’, du ‘sionisme’, à moins que ce ne soient ceux du ‘berbérisme’. Ne serait-ce pas tout simplement le délire du persécuté / persécuteur ? ».    

Bibliographie :

  • BOUNFOUR A. : “L’Etat unitaire et le statut de la langue berbère : les positions de la gauche marocaine », Annuaire de l’Afrique du Nord, 1983, pp. 509-521.
  • CHAKER S. : “La voie étroite : la revendication berbère entre culture et politique”, Annuaire de l’Afrique du Nord, 1989, pp. 281-296.

* Nous acceptons avec la plus grande réserve cette configuration car tous les imazighen se reconnaissent dans le tamazight. Cette tendance à dénommer le parler de chacune des trois régions amazighophones du Maroc selon leur appellation géographique, s’est accentuée récemment avec la diffusion du journal télévisé dans les trois variantes du  tamazight.  Notre proposition est comme suit : le tamazight du Rif, le tamazight de l’Atlas et le tamazight du Souss.

* Il va sans dire que les positions des partis marocains dits de gauche (lire, entre autres, A. AL AZHAR : Al masala al quaoumia oua  nezaâ al maghribia oua binaa al maghrib al arabi, Casablanca, 1984) et de leurs homologues algériens (cf. CHAKER, 1989) rejoignent, malheureusement, et avec des termes marxisants, les thèses les plus rétrogrades des pouvoirs politiques issus des indépendances et n’accordent aucune importance aux enseignements de l’anthropologie culturelle et aux autres sciences humaines et au fait qu’il n’existe pas de langues / cultures supérieures et d’autres inférieures.  Pour plus de détails, voir la lecture critique de l’ouvrage précité,  faite par BOUNFOUR (1983).

Ph.D. Said El Sabri

Exposé remontant à 1990 – Département de l’environnement

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